🌍Alain, la libertĂ© Ă  tout prix : transcription de l’épisode 7 du Podcast

il y a 2 mois   •   46 minute de lecture

Par Xavier

Bonjour tout le monde,

L’épisode du Podcast avec Alain est bien entendu disponible en audio : https://open.spotify.com/episode/6IFOQnx0H3VcGog41S4FIB?si=VDBwwr8XRbifoMlsGVWmzQ

Retrouvez ci-aprĂšs la version retranscrite Ă  l’écrit.

Je vous souhaite une bonne lecture.

Xavier.


Xavier : Déjà le septiÚme épisode du podcast avec un invité exceptionnel. Exceptionnel par sa volonté de suivre son chemin hors des sentiers battus, de vivre l'instant présent et de privilégier une vie d'expérience. Que coûte une vie d'explorateur minimaliste ? Quels sont les bienfaits d'un style de vie que l'on choisit ? C'est ce que nous allons découvrir avec Alain. Si cet épisode vous plaßt, aidez-nous à faire connaßtre la chaßne pour inspirer plus de personnes. Pour cela, abonnez-vous au podcast, partagez-le, laissez des commentaires ou une évaluation 5 étoiles. Vous pouvez aussi naviguer sur www.financersavie.com et devenir membre gratuitement pour accéder à du contenu exclusif.

Bonjour Alain.

Alain : Bonjour, salut Xavier.

Xavier : Je suis ravi de t'accueillir aujourd'hui. Comme tu le sais peut-ĂȘtre, le but de ce podcast est de montrer que l'on peut construire son parcours de vie et avec toi, je crois que nous allons ĂȘtre servis. Tu es passĂ© d'ingĂ©nieur Ă  aventurier-explorateur, de 118 pays, si je ne me trompe pas. Il faut que l'on comprenne comment et pourquoi. Alors, tu as un mode de vie atypique, ni sĂ©dentaire, ni nomade, ou alors peut-ĂȘtre les deux Ă  la fois, tu vas nous expliquer ça. Mais tu n'es pas pour autant un loup solitaire, puisque tu es proche de ta famille, tu partages beaucoup tes aventures, que ce soit sur les rĂ©seaux sociaux ou mĂȘme en vrai. Alors Alain, est-ce que tu peux te prĂ©senter, c'est-Ă -dire nous prĂ©senter ton parcours et ton chemin ?

Alain : Écoute Xavier, merci d'abord de m'accueillir sur ton podcast.On s'Ă©tait croisĂ© Ă  la Rhune, il y a peu de temps, l'ascension de notre montagne prĂ©fĂ©rĂ©e au Pays Basque. Exact. Donc je me prĂ©sente, Ă©coute rapidement, tu as un peu tout dit. Alors Alain Cayeux, explorateur, aventurier, pĂšre de famille. Je suis mariĂ© Ă  Sumaia, BrĂ©silienne, et je suis Ă  une centaine, 118 pays que j'ai explorĂ©s aujourd'hui de maniĂšre minimaliste. Donc je me qualifie comme un explorateur minimaliste dans le sens oĂč je traverse les pays avec trĂšs peu de moyens, un petit sac Ă  dos souvent, sans planifier, et en allant Ă  la rencontre des... des habitants, des cultures, sans prĂ©jugĂ©s, en rĂ©ellement en ouvrant mon cƓur Ă  toutes les possibilitĂ©s que j'aurais sur le chemin. Donc ça fait plus de dix ans que j'ai quittĂ© ma vie d'ingĂ©nieur. Je suis ingĂ©nieur de Peugeot, j'Ă©tais ingĂ©nieur centralien, Ă©cosse-radi de Paris. J'ai dĂ©jĂ  eu une vie bien remplie pendant une quinzaine d'annĂ©es oĂč j'ai explorĂ© le monde grĂące Ă  mon travail d'ingĂ©nieur. J'ai travaillĂ© en Slovaquie trois ans, en Espagne cinq ans, au BrĂ©sil trois ans. C'est ça qui m'a... J'avais dĂ©jĂ  le goĂ»t de l'aventure avant, si tu veux. Je ne suis pas devenu directement... J'imagine. Il y a dix ans, il y a eu effectivement un virage oĂč j'ai dĂ©cidĂ© de profiter d'une opportunitĂ© pour commencer Ă  valoriser mon temps et Ă  prioriser mes souhaits les plus profonds. Donc mon souhait le plus profond que j'ai dĂ©couvert au fond de moi, c'Ă©tait d'explorer le monde, de partir Ă  la dĂ©couverte de cette planĂšte sur laquelle on n'est qu'un petit Ă©lĂ©ment dans le temps qui m'Ă©tait imparti, qui a un temps limitĂ©. Donc c'est ça le point de dĂ©part. Ça a Ă©tĂ© un divorce il y a dix, douze ans qui a fait que j'ai pris ce virage d'aventure. Ça n'a pas Ă©tĂ© quelque chose de pensĂ© ni de rĂ©flĂ©chi. J'avoue que j'ai pris des dĂ©cisions au jour le jour et ça m'a rĂ©ussi. Jusqu'Ă  maintenant, j'en suis Ă  dix ans d'exploration accĂ©lĂ©rĂ©e du monde, accĂ©lĂ©rĂ©e 118 pays. Ça commence Ă  ĂȘtre une performance et en prenant peu d'avions, en restant au sol, en marchant, en vĂ©lo, en autostop, en bus, en train. VoilĂ , c'est ce qui me caractĂ©rise.

Xavier : D'accord, merci Alain. Alors, j'ai retenu le terme de minimaliste. Tu mets derriĂšre ça peu de moyens, donc tu pars avec ton sac Ă  dos et tu as mis en avant aussi pas trop de prĂ©paration, en fait. Tu te laisses guider. Alors, quand tu pars, tu sais quand tu vas revenir ou mĂȘme ça, tu ne sais pas ?

Alain: J'ai dit que j'avais une femme, j'ai des enfants. Quand je ne voyage pas avec ma famille, quand je pars en expédition, j'annonce le départ. Chérie, je pars. Et j'annonce une date limite de retour. Par exemple, la derniÚre expédition que j'ai faite, j'ai annoncé que j'allais rentrer avant Noël. Je suis rentré fin novembre. Ce que je veux dire, c'est que j'annonce toujours un délai plutÎt grand, de deux, trois mois, et je respecte toujours mon délai plutÎt à la baisse. C'est ma gestion. C'est des départs assez longs. Je pars sans planification. Je prends en général un vol sec pour un endroit un peu reculé du globe et je traverse les pays, les continents, doucement, à ma façon, en suivant un axe. Je pars à l'est, à l'ouest, au nord, au sud. C'est un peu mon mode de fabrique qui est assez unique parce que j'ai un mode à la fois intégré aux cultures et puis sportif. DÚs que je peux, je cours, je marche, je monte les sommets, je fais du vélo. Je pense que ce minimalisme que j'ai est particulier. Je pense que le minimalisme est une clé de bonheur. J'ai appris en disant que réellement, moins j'en porte, moins j'en ai, mieux je me porte, plus je m'ouvre à ceux qui m'ouvrent leurs portes, plus je suis dépendant de l'autre. C'est-à-dire qu'en ayant, en ayant peu de choses sur soi, on dépend plus des autres, on a plus besoin d'aller vers l'autre. Et c'est ce qui fait la richesse de ces traversées, de ces voyages, comme je le partage sur les réseaux sociaux.

Xavier : Oui, alors c'est ça qui est assez incroyable. C'est que tu pars donc avec pas d'idées préconçues sur ce que tu vas trouver ni sur ce que tu vas faire. Comment ça s'organise ? Tu arrives dans un endroit, c'est quoi les premiÚres actions ? Tu vas au syndicat d'initiative comme je fais moi ou pas du tout ?

Alain : Écoute, ce n'est pas dĂ©bile. SincĂšrement, tu vois, il n'y a pas de rĂšgles de base. Alors, je vais te donner un peu mes recettes parce que c'est vrai qu'il y a beaucoup de gens qui se posent des questions par rapport Ă  ce fameux dĂ©but d'exploration. Comment chacun peut se lancer lĂ -dedans ? SincĂšrement, il n'y a pas grand-chose Ă  faire. Alors, je vous conseille de prendre un billet d'avion sec, de partir Ă  un endroit qui soit inconnu. Le dernier voyage que j'ai fait, c'Ă©tait le Kyrgyzstan. Bistek, capitale du Kyrgyzstan. Je ne connaissais rien. Je ne connaissais ni le pays, ni la culture, ni la religion, ni rien. Je rĂ©serve. La premiĂšre nuit, quand tu arrives Ă  l'aĂ©roport, il faut essayer d'avoir un point de chute. Je ne sais mĂȘme pas si je l'avais fait. Mais en gĂ©nĂ©ral, je rĂ©serve la premiĂšre nuit un dortoir. Tu cherches son booking, prends un dortoir. Un dortoir, pas cher. À Bistek, en Kyrgyzstan, ça coĂ»te entre 3 et 5 euros par nuit pour avoir un lit propre et un petit dĂ©j peut-ĂȘtre. Donc, tu commences lĂ -dessus. Tu trouves un point de Wi-Fi. Tu rĂ©ussis Ă  te dĂ©placer, si possible, Ă  pied depuis l'aĂ©roport ou en autostop jusqu'Ă  la ville. Hop, tu charges le Wi-Fi. Le Wi-Fi, ça donne pas mal d'informations. Tu as effectivement... C'est une initiative moderne. Ça peut ĂȘtre du TripAdvisor. Ça peut ĂȘtre un peu d'informations sur les diffĂ©rents flux. Tu vois ce qu'il y a autour. Tu vois s'il y a des choses intĂ©ressantes dans cette ville. Tu t'aperçois assez vite qu'il y a toujours des choses intĂ©ressantes, des choses naturelles ou des choses touristiques et culturelles. Puis lĂ , tu commences Ă  te dire « Bon, Ă©coutez, on va voir. Je vais prendre une dĂ©cision de qu'est-ce que je vais faire dans ce pays et oĂč je vais aller aprĂšs. » Et lĂ , dĂšs le jour mĂȘme, en gĂ©nĂ©ral, le jour mĂȘme, je dors rarement deux nuits Ă  un endroit. Je m'engage. Je m'engage. Je dĂ©cide que je vais aller. Je ne rĂ©serve pas. Par contre, lĂ , je ne rĂ©serve plus. Je ne conseille plus de rĂ©server du tout. LĂ , on s'engage. On part dans les transports en commun. On fait du stop. On prend un bus. On prend des vannes locaux. LĂ , en l'occurrence, dans ce pays d'Asie centrale, c'Ă©tait des mini-vannes russes qui transportent les gens de partout dans le pays Ă  un prix modique. Et tu t'engages. Et puis, tu cherches un point de chute pour le soir. Mais maintenant, avec l'expĂ©rience, je ne cherche plus de point de chute pour le soir avant 17h.  Jusqu'Ă  17h, je ne suis pas inquiet, si tu veux. Je reste ouvert aux propositions des gens qui voyagent avec moi. D'avoir de croiser quelqu'un en autostop qui me propose de dormir chez lui. Cette libertĂ© de ne pas trop s'engager permet beaucoup de belles rencontres. C'est l'un des plus beaux moments qui ont lieu grĂące Ă  cette non-prĂ©paration et cette non-planification. D'accord ? Donc, voilĂ . C'est rĂ©ellement la recette. C'est vraiment celle-lĂ . Les freins qu'on a sont souvent liĂ©s Ă  ce premier pas. Ce moment oĂč on se dit « Mais comment moi, je pourrais faire comme Alain Caillieu et partir tout seul ? » Je ne sais pas. Toi, Xavier, il n'y a aucune difficultĂ©. La difficultĂ©, elle est psychologique. Elle est dans la premiĂšre journĂ©e. Une fois qu'on est parti, on s'aperçoit, premiĂšre chose, qu'on n'est pas tout seul. D'accord ? MĂȘme au fin fond de l'Asie centrale, mĂȘme au fin fond de l'Iran ou de l'Irak, quand j'y suis, je croise des personnes, des nomades, des cyclistes, des Français, des EuropĂ©ens, quelques-uns. On n'est pas trĂšs nombreux, mais on existe. D'accord ? Et c'est souvent l'impression qu'on a. Effectivement, je suis un aventurier un peu hors normes en termes d'expĂ©dition. Je vais dans des endroits oĂč trĂšs peu de gens ont la chance d'aller. Mais je ne suis jamais rĂ©ellement tout seul. Il y a toujours du monde et il y a toujours des rĂ©ponses, des conseils. Les gens qu'il y a autour de toi, ont forcĂ©ment un trajet, dĂšs que tu rencontres quelqu'un, il a suivi une route, il a suivi un sentier dans un sens ou dans l'autre. Il a traversĂ© l'Asie dans un sens ou dans l'autre. Tu es en dehors des circuits touristiques. Tu es sur, clairement, un mode d'exploration que je fais qui est un mode d'exploration de nomades. Et les nomades, finalement, il y a quand mĂȘme quelques routes principales. La seule que j'ai suivie pendant trois mois, c'Ă©tait la route de la Soie. La route de la Soie, elle a existĂ© depuis des centaines d'annĂ©es, voire des milliers d'annĂ©es. Donc finalement, tu retrouves un petit peu le sens logique des cheminements. C'est une route qui reliait la Chine Ă  la Syrie, historiquement, qui permettait de transporter de la Soie, entre autres, mais qui permettait de transporter de nombreuses denrĂ©es, diverses et variĂ©es, et surtout d'ĂȘtre un vecteur de culture. Parce que les personnes qui se passent bien entre la Syrie et la Chine, il y a quand mĂȘme une pĂąle enquĂȘte culture. Les Chinois, ils ne sont pas musulmans. Et sur le chemin de la Syrie, il y avait Ă  l'Ă©poque des ArmĂ©niens, des orthodoxes, des musulmans, des juifs, il y avait tout qui Ă©tait sur ce chemin. Et ça vivait avec une relative trĂšs bonne cohĂ©sion avec ce chemin de la Soie qui permettait de relier tous ces pays avec des gens passionnants. Parce que ces voyageurs, Ă  l'Ă©poque, c'Ă©taient des sacrĂ©s aventuriers. Je vais te dire, ils n'avaient pas de GPS offline, ils n'avaient pas de choses pour les aider. Ils s'engageaient rĂ©ellement vers une aventure qui Ă©tait hors norme.

Xavier : C'est sûr. Et est-ce qu'on est obligé de parler 12 langues pour faire une exploration comme tu fais ?

Alain : Oui, c'est une bonne question. Je parle plusieurs langues. Je parle 5 ou 6 langues. Ah, quand mĂȘme. Je participe Ă  un sujet. Par exemple, dans les pays d'Asie centrale, lĂ , c'est des pays kyrgyzstan, tajikistan, ouzbĂ©kistan, kyrgyzstan, kazakhstan, azerbaĂŻdjan, gĂ©orgie, ArmĂ©nie, Iran, Irak, tout ça, c'est des pays oĂč on parle trĂšs peu anglais. Et effectivement, la seule langue qui m'a aidĂ© un tout petit peu, c'Ă©tait mes bases de Slovaque. J'ai vĂ©cu 3 ans en Slovaquie Ă  Bratislava. En parlant Slovaque, les gens qui avaient des bases de russe permettaient de communiquer. Mais globalement, j'ai fait des pays oĂč je ne parlais pas un mot ni aucun moyen de communication. On avait les mains qui restaient. Et puis, pour aller plus loin, quand tu veux vraiment communiquer partout aujourd'hui, on a une technologie qui est incroyable, c'est les traducteurs Google par tĂ©lĂ©phone. C'est une rĂ©volution. Il y a 4-5 ans, quand je voyageais, je n'avais pas ça. Et je t'avoue, j'avais des conversations avec les mains qui Ă©taient assez riches mais quand mĂȘme difficiles. Aujourd'hui, quand tu veux vraiment communiquer avec quelqu'un, tu rĂ©ussis, avec Google Translate, Ă  parler n'importe oĂč. Tu te retrouves Ă  parler les dialectes les plus originaux avec des alphabets qui sont particuliĂšrement compliquĂ©s. C'est le cas de tous ces pays. Les pays en ce temps que je t'ai citĂ©s, c'est des alphabets cyrilliques. C'est du cyrillique, c'est proche du russe. Tu ne comprends vraiment rien. Tu n'as mĂȘme pas Ă  lire. Mais aujourd'hui, la technologie permet de faciliter la communication. Donc lĂ , c'est pareil. Ne pas avoir peur. Il y a toujours une bienveillance et globalement, on rĂ©ussit plutĂŽt trĂšs bien Ă  communiquer. Peut-ĂȘtre pas de philosophie de haut niveau mais on a quand mĂȘme une communication basique qui est efficace.

Xavier : Et c'est vrai que, je ne l'ai pas trop dit mais il y a un aspect sportif aussi dans ce que tu rĂ©alises. Tu l'as dit tout Ă  l'heure mais tu as Ă©tĂ© notamment finisher, comme on dit, de plusieurs Ironman d'aprĂšs ce que j'ai vu. Donc c'est quand mĂȘme des Ă©preuves qui sont assez codifiĂ©es que tout le monde connaĂźt un peu et qui sont trĂšs difficiles Ă©videmment. Et j'ai notamment relevĂ© lors de tes derniĂšres pĂ©ripĂ©ties, si je ne me trompe pas, tu me diras, tu Ă©tais en Iran et donc tu es montĂ© sur les sommets Ă  cĂŽtĂ© de TĂ©hĂ©ran et ce qui m'a fait vraiment marrer, c'est que tu as dit je suis sorti du mĂ©tro, j'ai pris le mĂ©tro, je suis sorti, je suis montĂ©. C'est ça ? Tu peux nous expliquer ? 

Alain : TrĂšs bon souvenir. Je suis un passionnĂ© de montagne. Mon sport favori, c'est l'ultra trail. Je fais du ultra trail, du stand-up paddle, la course Ă  pied. Aujourd'hui, j'ai effectivement fait deux Ironman complets. J'ai fait des ultra trails divers et variĂ©s, la Ligue des Foues, la RĂ©union, le Tour du Mont Blanc. J'aime ce sport qui me permet de me pousser dans les limites et qui me permet d'explorer aussi un espace qui est finalement peu explorĂ©, qui sont nos montagnes, qui sont souvent les endroits les plus sauvages de la Terre et je le fais partout. Pour le coup, j'ai appris  oĂč que j'aille, dĂšs que je vois un petit sommet, j'essaie de le monter en solo souvent et lĂ , tu cites TĂ©hĂ©ran. TĂ©hĂ©ran, une ville passionnante que je conseille vraiment Ă  tous tes auditeurs d'aller faire un tour en Iran, de vous ouvrir Ă  cette ville de TĂ©hĂ©ran. N'ayez pas peur, Ă©teignez la tĂ©lĂ© et Ă©coutez plus les gens qui ont Ă©tĂ© sur place. Vous verrez que vous aurez des Ă©chos qui sont bien diffĂ©rents de ce qu'on vous dira. Et donc effectivement, TĂ©hĂ©ran, c'est une ville qui est en altitude assez haute mais pas si haute que ça. Elle doit ĂȘtre Ă  plus de 2 000 mĂštres d'altitude mais il y a des sommets juste au-dessus de TĂ©hĂ©ran qui sont Ă  plus de 4 400 mĂštres je crois et je suis montĂ© effectivement trĂšs trĂšs haut en trĂšs peu de temps un petit 2 000 de D+, dĂ©part d'une station de mĂ©tro en plein cƓur de TĂ©hĂ©ran. On prenait un mĂ©tro, il y a des montagnes qui sont vraiment sauvages, compliquĂ©es, qui sont juste au-dessus qui servent de station de ski l'hiver, c'est-Ă -dire entre les mois de janvier et mars on peut skier Ă  TĂ©hĂ©ran. Tu verras des images de stations de ski et j'ai montĂ© ces sommets tout seul sur une journĂ©e aller-retour. Je me suis rĂ©galĂ©, c'est des montagnes qui sont prenantes, c'est un peu plus compliquĂ© que la Rhune. Celles-lĂ  sont des montagnes plus acrobatiques. Je m'engage et que je m'engage mais comme d'habitude j'ai trouvĂ© des rĂ©ponses, j'ai trouvĂ© de l'eau sur le chemin, j'ai trouvĂ© des refuges dans lesquels j'ai trouvĂ© un peu Ă  manger. Il y a toujours eu des bonnes rĂ©ponses et des gens bienveillants que j'ai croisĂ© sur mon chemin. J'ai vu que tu avais trouvĂ© des gens au sommet qui avaient l'air un peu hallucinĂ©s de te voir arriver comme ça en short alors qu'ils Ă©taient en tenue d'expĂ©dition de montagne. Tu avais suivi des alpinistes, c'Ă©tait un sommet d'alpinisme, un vrai sommet de l'alpinisme. Les gens Ă©taient Ă©quipĂ©s, avaient fait l'approche en trois jours. Pour le coup, vu qu'ils l'ont fait en trois jours, ils sont forcĂ©ment plus Ă©quipĂ©s, ils avaient de quoi bivouaquer, de manger, des vĂȘtements chauds. Je n'avais rien, j'avais un sous pull et un coupe-vent. Je n'avais pas beaucoup de possibilitĂ©s de rester trĂšs longtemps pour le coup. C'est ça qui fait aussi la mobilitĂ©, et le minimalisme te force Ă  un mouvement. C'est valable en montagne. Je n'avais pas trop le droit de m'arrĂȘter trĂšs longtemps mais en tout cas, ils m'ont partagĂ© au sommet. C'Ă©tait incroyable. Encore un moment, avec des Iraniens, un groupe d'Iraniens, hommes et femmes, une dizaine qui Ă©taient des alpinistes passionnĂ©s de montagne et ils m'ont invitĂ© Ă  partager leur repas. Je n'avais vraiment rien. J'avais du cacahuĂšte et ils m'ont partagĂ© tout leur repas. J'ai mangĂ© du poulet, du riz, des tomates. Ils avaient tout ramenĂ©. C'Ă©tait incroyable. C'est un moment de partage. Encore une fois, la passion de la nature crĂ©e aussi des liens souvent qui sont surprenants. Pour le coup, les gens sont eux-mĂȘmes. Quand ils sont en train de vivre une passion au sommet d'une montagne, tu rencontres des gens passionnants. C'Ă©tait le cas en Iran sur ce sommet qui surplombe TĂ©hĂ©ran. À voir et Ă  faire.

Xavier : LĂ , tu es revenu rĂ©cemment d'une exploration de tous ces pays en ce temps. Tu es parti, je ne sais plus, deux ou trois mois peut-ĂȘtre. Deux mois, oui. Est-ce que tu saurais dire au niveau financier avec ton minimalisme ce que ça t'a coĂ»tĂ© tout ça ? Oui. Ou est-ce que tu ne comptes mĂȘme pas ?

Alain : Non, je compte. Je suis comme tout le monde. Je suis comme tout le monde. Je suis comme tout le monde. LĂ , je compte. Je peux te dire prĂ©cisĂ©ment combien ça m'a coĂ»tĂ©. Ça m'a coĂ»tĂ© 2500 euros les deux mois. C'est Ă  1250 euros par mois Ă  peu prĂšs. Il faut compter du temps. Sur la partie Asie centrale, par exemple, ces pays-lĂ , il faut compter entre 30 et 40 euros par jour. Tout compris. Tout compris. C'est Ă  peu prĂšs ce que tu dĂ©penses parce que tu as un budget. Logement, quand tu n'es pas invitĂ©, ça te coĂ»te moins de 10 euros par nuit en dortoir globalement avec petit-dĂ©j. Il faut compter un budget bouffe pour nourrir. Ce n'est pas trĂšs cher toute l'Asie centrale, l'Iran, etc. Tu peux compter 10-15 euros par jour pour te nourrir. Tu rajoutes 10-15 euros de transport. Parce que mĂȘme si on fait du stop, parfois, il faut prendre des trains, des bus. Il y a quand mĂȘme une dĂ©pense mĂȘme si le budget transport dans ces pays-lĂ , tu peux prendre tes calculs europĂ©ens et diviser par 4 ou 5. C'est-Ă -dire que les 100 kilomĂštres de bus, ça te coĂ»te moins d'un euro. Le train, ça te coĂ»te moins de 20 centimes d'euros les 100 kilomĂštres. Donc, tu vois, c'est des moyens. L'Asie centrale est une trĂšs belle rĂ©gion pour les backpackers qui veulent voyager. Vous retenez Ă  peu prĂšs l'ordre de grandeur. C'est entre 10 et 40 euros par jour. Tu calcules, tu verras, ça fera du 1200, 1300 euros par mois. VoilĂ  ce que coĂ»te une expĂ©dition minimaliste rĂ©ellement. Tu rajoutes lĂ -dessus le billet d'avion que j'ai payĂ© pour faire un Biarritz-Bichrec qui Ă©tait Ă  250 euros. Et voilĂ  le budget rĂ©el qu'il faut pour faire cette aventure qui pour moi, encore une fois, c'Ă©tait peut-ĂȘtre la 20e ou la 30e et j'ai ressenti comme la plus belle aventure de ma vie. Je me suis dit mais c'Ă©tait Ă  faire, c'Ă©tait Ă  faire, c'Ă©tait Ă  faire. C'est incroyable. Pour 2500 euros, on est loin des budgets que dĂ©pensent les gens pour faire des vacances au ski, pour faire des vacances all inclusive, etc. J'insiste lĂ -dessus, il y a moyen d'avoir des expĂ©riences hors du commun avec ce minimalisme. C'est quelque chose, il faut un peu d'argent mais finalement, quand tu rĂ©flĂ©chiras, tu diras que dans ce qu'il y a autour de nous, il y a peut-ĂȘtre pas mal de monde qui peut se l'offrir cet engagement. La plus grande richesse qu'on a, c'est le temps, c'est rĂ©ussir Ă  se libĂ©rer du temps. C'est ça la partie la plus difficile parfois.

Xavier : Oui, tu l'as dit tout Ă  l'heure, valoriser mon temps, tu as dit, d'ailleurs, si j'ai bien compris, c'est peut-ĂȘtre ce qui t'a poussĂ© Ă  changer de vie il y a donc 10-12 ans. Est-ce que tu peux nous dire quand-mĂȘme, tu dis que ce n'Ă©tait pas rĂ©flĂ©chi, mais qu'est-ce qui s'est passĂ© quand mĂȘme ? C'est quoi la premiĂšre expĂ©dition que tu as faite aprĂšs que tu aies quittĂ© ton poste d'ingĂ©nieur par exemple ? Comment tu en es arrivĂ© Ă  la faire en tout cas ?

Alain : Le premier dĂ©part, j'ai eu la chance de pouvoir prendre un plan de dĂ©part sur deux ans dĂ©jĂ . J'ai pris un congĂ© longue durĂ©e. Je suis parti, j'Ă©tais ingĂ©nieur chez Peugeot. J'ai eu la chance de prendre un congĂ© longue durĂ©e de deux ans. Je suis parti lĂ -dessus, j'ai dit OK. Il n'y avait pas trop de risques. Tu te dis congĂ© longue durĂ©e, c'est bon, j'ai une garantie de retour. Dans le pire des cas, j'ai deux ans pour faire les choses que je veux et puis je peux revenir ingĂ©nieur dans deux ans. J'ai parti lĂ -dessus avec un petit parachute un peu la premiĂšre. Et mon premier voyage, ça a Ă©tĂ© en solo l'Asie du Sud-Est. L'Asie du Sud-Est, je conseille Ă  tout le monde. LĂ , on parle de Vietnam, Laos, Cambodge, ThaĂŻlande, IndonĂ©sie, Birmanie, tous ces pays qui sont reliĂ©s par l'IndonĂ©sie. Vous pouvez faire tous ces pays d'Asie du Sud-Est par voie terrestre. Il y a des bus, il y a des trains, il y a tout ce qu'il faut pour traverser les frontiĂšres. On est sur des passages de frontiĂšres faciles, pas besoin de visa dans la plupart des cas, trĂšs safe, pas cher, des prix vraiment indĂ©finis de ton concurrence. Je dormais Ă  2 euros par nuit au Cambodge, chez l'habitant, avec des systĂšmes. VoilĂ , c'Ă©tait surprenant, mais tu rĂ©ussis Ă  trouver des solutions vraiment excellentes. Et c'est lĂ  que j'ai pris le virus, en gros. C'est que j'ai dĂ©couvert que cette premiĂšre expĂ©dition de 3 mois en solo en Asie du Sud-Est, que je faisais toujours de la mĂȘme façon, je marchais beaucoup, je courais, je montais tous les sommets, m'a fait beaucoup de bien. Et je me suis dit, waouh, pour vivre ça, en fin de compte, la plupart des gens qui restent dans leur vie classique ne pourront jamais se l'offrir parce que mĂȘme s'ils font un voyage en Vietnam ou en Laos, ils s'offriront une semaine intensive Ă  la façon que je faisais moi. Tu vas rĂ©server, tu vas essayer de voir des choses, mais la notion de cette libertĂ© de temps, de cette vie nomade, de ne pas savoir oĂč tu dormiras le soir, de ne pas savoir oĂč tu iras demain, de ne pas savoir qui tu vas rencontrer, d'avoir la possibilitĂ© de changer d'itinĂ©raire en fonction de ce que tu rencontres, de ce que tu dĂ©couvres. La possibilitĂ© de rester plus longtemps aussi Ă  un endroit que tu aimes, c'est quelque chose qui est une richesse incroyable. Et lĂ , ça a Ă©tĂ© un dĂ©clic. Je crois que ce premier voyage en Asie du Sud-Est, je conseille Ă  tous de le faire. Celui-lĂ , il est urgent. Je conseille de le faire Ă  tout Ăąge. Dans l'idĂ©al, je conseille aux jeunes qui nous Ă©coutent, qui vont Ă  la fin de leurs Ă©tudes, souvent la fameuse annĂ©e sabbatique ou l'annĂ©e de transition. Faites-le Ă  ce moment-lĂ . C'est plus facile. Il n'y a pas d'enfants, il n'y a pas de contraintes. Si vous pouvez vous offrir pour un budget, souvent on pose la question combien ça coĂ»te une annĂ©e sabbatique en backpacker avec 10 000 euros. 10 000 euros. Tu vivras une vraie aventure de backpacker, ça cadeau, une annĂ©e complĂšte. Ça peut passer. D'accord ? C'est pas avec... Ça peut passer, sincĂšrement. AprĂšs, c'est un mode de voyage qu'il faut apprendre, mais voilĂ , ça passe. Ça passe. Il faut... VoilĂ  mes conseils. Donc l'Asie du Sud-Est, pour commencer, c'est lĂ -dessus qu'on prend le virus.

Xavier : Et là, donc, tu étais en congé avec une possibilité de retour et tu t'es dit c'est ça que je veux faire de ma vie ? Qu'est-ce qui s'est passé ?

Alain : Oui, j'y ai pris goĂ»t et je t'avoue que quand j'ai commencĂ© Ă ... aprĂšs, je suis revenu un tout petit peu chez Peugeot et j'ai eu la chance de pouvoir... J'ai eu la chance. C'est une chance diffĂ©rente. J'ai pris un plan de dĂ©part. J'ai eu la chance d'avoir un plan de dĂ©part pour quitter Peugeot. Donc voilĂ , je me suis engagĂ©. Beaucoup de gens prenaient le plan de dĂ©part Ă  l'Ă©poque. Tu pouvais le prendre soit pour t'acheter une nouvelle maison, soit pour partir... Soit pour t'acheter une nouvelle voiture, soit pour avoir des projets personnels. Mon projet personnel Ă  moi, c'Ă©tait de repartir Ă  l'aventure le plus vite possible et le plus longtemps possible. Donc, je me suis libĂ©rĂ© du temps et ça fait maintenant quasiment dix ans que je n'arrĂȘte plus. Enfin, je n'arrĂȘte plus. Tu le disais tout Ă  l'heure. Je n'arrĂȘte plus. Je ne suis pas non plus un voyageur explorateur Ă  100%. J'ai une vie familiale que je maintiens en parallĂšle. Donc, j'ai une femme soumaya brĂ©silienne adorable qui m'accompagne souvent en expĂ©dition et qui me tolĂšre aussi quand je pars en expĂ©dition pendant plusieurs mois. Donc, voilĂ , j'essaie de trouver un juste milieu entre cette vie d'aventure plusieurs mois par an, une vie basĂ©e au Pays Basque, Ă  Bidart, un petit village que tu dois connaĂźtre.

Xavier : Oui, bien sûr.

Alain : Bien placĂ© sur la cĂŽte basque lĂ  oĂč je suis et puis une vie qu'on passe aussi deux, trois mois par an dans la famille de ma femme, dans ma belle famille au BrĂ©sil. Donc, voilĂ  un peu la vie que je mĂšne. C'est une vie moitiĂ© sĂ©dentaire, moitiĂ© nomade, tu l'as dit en introduction. Je n'ai pas de rĂ©ponse claire Ă  ce que je vais faire dans l'avenir. En tout cas, mon passĂ© depuis dix ans s'est construit comme ça avec cette vie un peu alternative Ă  voir la suite. Je n'ai vraiment pas toutes les rĂ©ponses. En tout cas, ça a Ă©tĂ© riche. Ça a Ă©tĂ© riche. Ça a Ă©tĂ© dix annĂ©es assez riche. Dix ans, c'est une tranche de vie Ă©norme qui est en cours surtout, qui n'est pas finie.

Xavier : Alors, est-ce que tu as un business plan pour tout ça ? Comment tu fais ? De quoi tu vis ? Comment ça se passe ?

Alain : Pour l'instant, mon financement principal de ces dix annĂ©es, ça a Ă©tĂ© 99% le chĂšque de dĂ©part. Quand j'ai quittĂ© Peugeot, j'ai touchĂ© un chĂšque de dĂ©part. 100 000 euros. 100 000 euros. 100 000 euros, c'est Ă©normĂ©ment d'argent. D'accord ? Quand tu vis dans un monde ingĂ©nieur, c'Ă©tait un an de salaire. Ce n'Ă©tait pas grand-chose vu du monde ingĂ©nieur. Mais vu le monde minimaliste que je suis devenu, c'est devenu une richesse qui m'a fait tourner la tĂȘte. C'est-Ă -dire, c'est clair. C'est ça le point de dĂ©part. C'est le choix de se dire que si j'ai du temps, je suis en bonne santĂ©, je viens d'avoir un compte qui a Ă©tĂ© crĂ©ditĂ© de 100 000 euros. VoilĂ . Et lĂ , j'ai fait des choix en rupture. LĂ , j'ai dit que je suis parti en interactive et je me suis auto financĂ© principalement jusqu'Ă  aujourd'hui. Bon, ton financement, ça a des limites, tu vois. Oui, tu dis jusqu'Ă  aujourd'hui. Jusqu'Ă  aujourd'hui, parce que lĂ , aujourd'hui, j'ai mon chĂšque de 100 000 euros. Il est Ă©puisĂ©. Donc, la question, c'est qu'est-ce que je vais faire ? Comment je vais financer ? Donc lĂ , maintenant, il faut que je rentabilise un peu mon activitĂ©. Tu parlais des rĂ©seaux sociaux, Facebook, Instagram, etc. J'utilise ça jusqu'Ă  maintenant pour archiver ce que je fais, pour partager avec beaucoup de bienveillance, pour inciter les gens Ă  suivre un peu mon exemple en termes d'ouverture au monde qui m'accompagne pour les prochaines expĂ©ditions. Mais je suis hyper optimiste. J'ai appris Ă  ĂȘtre hyper optimiste avec ma notion de ruine matĂ©rielle qui est extrĂȘmement relative. Je suis devenu extrĂȘmement riche humainement. Et les voyages que j'ai fait dans beaucoup de pays qui font peur aux gens, dans lesquels il y a de la vraie pauvretĂ©. J'ai fait l'Inde, Madagascar, j'ai fait des pays dans lesquels j'ai dĂ©couvert que nos problĂšmes de riche, nos problĂšmes de pauvretĂ© ou de matĂ©riel ne sont que des chiffres. RĂ©ellement, on est assez peu en France Ă  aller ramasser du riz dans les champs pour se nourir de soi. Et donc lĂ , aujourd'hui, je suis arrivĂ© Ă  ce niveau-lĂ . Mais c'est un peu ce que je cherche. C'est un peu ce que je cherche. C'est donner du sens Ă  la recherche d'argent. Je n'ai plus aucune ambition d'enrichissement. Je ne mourrai pas riche, c'est sĂ»r. J'ai Ă©tĂ© riche Ă  un moment parce que j'ai eu une vie d'ingĂ©nieur extrĂȘmement privilĂ©giĂ©e. Mais aujourd'hui, j'estime que j'ai atteint des nouvelles notions de richesse qui sont liĂ©es au temps que je possĂšde, Ă  la santĂ© que j'ai, Ă  l'amour que je reçois et que je donne autour de moi. Et puis l'avenir me dira comment je peux continuer Ă  poursuivre l'exploration des pays. 118 autos financĂ©es quasiment. C'est un miracle. Je veux dire, c'est un miracle avec une façon... C'est quand mĂȘme... C'est rare. Je ne suis pas nĂ© avec des cuillĂšres en or. Je n'ai pas gagnĂ© au loto. Je me suis financĂ© sur mon travail prĂ©cĂ©dent. Mais mes pays... Je pense que je vais trouver des solutions.

Xavier : Moi, ce que je trouve extraordinaire, c'est que ça fait quand mĂȘme 10 ans que tu parcours le monde en exploration. Et que tu partages ça sur les rĂ©seaux sociaux de façon complĂštement dĂ©sintĂ©ressĂ©e. En fait, c'est pour vraiment partager ta richesse que tu acquiers au fur et Ă  mesure de tes rencontres, de tes dĂ©couvertes.

Alain : C'est exactement ça. C'est plus que ça. C'est du ressenti, de ma part, de toujours vivre la plus belle aventure de ma vie. Je le rĂ©pĂšte. Tu l'Ă©cris tout le temps. Tu l'Ă©cris tout le temps parce que tu le ressens. Mais tu le ressens. Mais c'est vrai. Le monde est beau. Et ce que je vois, ce que j'ai l'impression de voir et de vivre est exceptionnel. Parce que les gens, les gens que je rencontre, les paysages que je vois, la chance que j'ai d'ĂȘtre ailleurs et de pouvoir le partager. Et aujourd'hui, les rĂ©seaux, c'est vrai que c'est un miracle. C'est un miracle. Je partage en temps rĂ©el. Les gens rencontrent les pays, les endroits oĂč je vais, mon itinĂ©raire. Ça ne me coĂ»te rien. Et j'y prends du plaisir parce que non seulement j'ai l'impression que j'Ă©veille une certaine curiositĂ©, mais je reçois aussi beaucoup d'informations. C'est-Ă -dire que dans les gens qui me suivent, il y a des gens qui ont des informations, qui connaissent les pays, il y a des habitants des pays. Je rencontre des locaux grĂące Ă  ça. C'est devenu un outil qui m'a ouvert beaucoup de portes. Et donc, pour le coup, aujourd'hui, je m'envoie vers ton podcast parce que je ne suis pas seul. C'est grĂące aux rĂ©seaux sociaux. C'est un plaisir. Jusqu'Ă  maintenant, effectivement, c'Ă©tait complĂštement dĂ©sintĂ©ressĂ©. Il va falloir que je change un petit peu. Mais pas beaucoup. Je resterai le mĂȘme homme. J'y prends du plaisir Ă  partager ce que je vis. 

Xavier : Bien sĂ»r. Et puis alors, tu partages sur les rĂ©seaux sociaux et tu as quand mĂȘme un cƓur de followers nombreux et vraiment fans. C'est un peu on peut parler de fans parce qu'ils te suivent partout. Tu publies vraiment beaucoup. Et donc, c'est vrai que c'est passionnant de te suivre et de voir tout ce qui t'arrive. Et tu ne fais pas ça que sur les rĂ©seaux sociaux. Tu fais ça en vrai puisque moi, de ce que je sais, de ce que j'ai vu, tu proposes aux gens de te suivre quand tu vas justement sur la montagne Ă  cĂŽtĂ© de ton village sur la Rhune. Tu invites les gens Ă  faire des barbecues Ă  la plage. Enfin, ce n'est pas que du virtuel. Il y a du rĂ©el aussi.

Alain : Non, c'est vrai, Xavier. Je suis un passionnĂ© de rĂ©el. Je cherche toujours Ă  rencontrer ce qui me touche. C'est la rencontre, le partage, l'envie d'Ă©changer. Donc, ces rĂ©seaux sociaux m'ont permis de rencontrer beaucoup de monde. DĂšs que je peux, je crĂ©e des rencontres physiques. Je propose effectivement un barbecue, un pique-nique, un coucher de soleil sur la plage. Tous ceux qui veulent venir nous rencontrer viennent. Et Ă  chaque fois, ce sont de belles rencontres parce que le monde est beau. Je suis convaincu que le monde est beau. Le monde est beau quand je vais loin. Le monde est beau quand je suis ici, Ă  Bidart, au Pays Basque. Je rencontre des gens exceptionnels. Le bonheur pour moi de partager mes terrains de jeu quand je suis en sĂ©dentaire ici, la rhune, etc. C'est un vrai bonheur. C'est quelque chose que je fais avec le plus grand des plaisirs parce que j'ai l'impression que j'Ă©veille des curiositĂ©s. Je suis un peu particulier. Je monte les sommets par exemple au lever du soleil. Ma passion, c'est le lever du soleil. Effectivement, j'amĂšne des gens Ă  sortir dans une zone de confort. Je leur propose de se lever Ă  3, 4 heures du matin et de monter une montagne Ă  la frontale. C'est devenu quelque chose de naturel pour moi. Je sais trĂšs bien que ça n'allait pas pour 99% des gens. C'est-Ă -dire partir de nuit sur un sentier, etc. C'est quelque chose qui mĂ©rite un accompagnement la premiĂšre fois mĂȘme si je pense que c'est une trĂšs bonne action Ă  rĂ©pĂ©ter aprĂšs en solo. Je suis heureux de dĂ©clencher un petit peu des envies, des curiositĂ©s. Tu parlais de ces fans, bon nombre de ces fans qui sont devenus des amis profonds parce que je reçois beaucoup de bienveillance sur les rĂ©seaux. J'ai l'impression qu'on m'attribue une capacitĂ© Ă  montrer une vision diffĂ©rente du monde. Je ne fais que montrer la vision que je vois, que j'observe, que j'essaie de ne pas juger. Je transmets sans jugement ce que je vois. Mais ce qui est intĂ©ressant c'est de voir que mĂȘme moi je me rends compte des contrastes qu'il y a entre les images que je reçois par la tĂ©lĂ©vision quand je la regardais, le journal de 20 heures, les mĂ©dias, etc. Et ce que je peux voir en rĂ©alitĂ© qui est souvent bien plus beau que ce qu'on nous montre. On ne nous montre que du nĂ©gatif. Je ne dis pas que ça n'existe pas ce qu'on nous montre Ă  la tĂ©lĂ©. Je dis juste que c'est une fraction minime de ce qui existe dans le monde. Et c'est souvent une façon de montrer le monde qui est en opposition, les pays en opposition, les blocs en opposition. Alors que les hommes que je rencontre de par le monde, j'en suis Ă  100 du JPI, tu pourras me dire « Ah, tu n'as pas tout vu, machin, machin. » Je commence Ă  avoir vu quand mĂȘme pas mal de pays qui sont souvent dĂ©criĂ©s, que ce soit en Afrique, en Asie, en AllĂ©e centrale. Et pourtant, j'y ai pris Ă  chaque fois une claque avec la gentillesse, la bienveillance des gens, l'accueil, les portes se sont toujours ouvertes. Et voilĂ . Et c'Ă©tait
 Je ne peux que conseiller, encore une fois, d'aller voir les pays, d'aller sur place pour se faire un point de vue et surtout, surtout, de ne pas se limiter Ă  ce que vous passent les mĂ©dias ou les
 Oui. Oui, bon, voilĂ . Non, mais ça, c'est clair. 

Xavier : Et puis, moi, je suis d'accord avec toi et puis surtout, moi, ce que je trouve intĂ©ressant, c'est dans ce que tu dis, toi, tu explores des pays. VoilĂ . Moi, je peux partir en week-end Ă  Barcelone, par exemple. Je suis Ă  Barcelone, mais je ne peux pas dire que j'explore des pays. J'aurais vu une partie, une grande ville, telle qu'on peut les voir en France ou ailleurs en Europe et peut-ĂȘtre, je n'aurais pas appris grand-chose Ă  part que ça va ĂȘtre sympa d'avoir entendu parler espagnol. Toi, on sent que c'est beaucoup plus profond parce que tu prends le temps de le faire et tu as vraiment envie de dĂ©couvrir et de comprendre ce qui se passe lĂ  oĂč tu vas. Et aprĂšs, clairement, moi, je suis comme toi. Ça fait maintenant quasiment 20 ans que je n'ai plus de tĂ©lĂ©. Ça ne veut pas dire que je ne sais pas ce qui se passe. Je le sais, mais je vais le chercher. Je suis sĂ©lectif et puis, j'essaye de ne pas me remplir la tĂȘte de choses nĂ©gatives. En effet, je le raconte parfois, mais les seules fois oĂč j'ai la tĂ©lĂ©, c'est quand je vais Ă  l'hĂŽtel, ce qui est assez rare mais qui m'arrive de temps en temps. LĂ , il n'y a que ça Ă  faire. Des fois, j'allume la tĂ©lĂ© et quand on regarde les chaĂźnes d'information continue, quand l'information nĂ©gative, je l'ai vue six fois, l'image nĂ©gative, je l'ai vue six fois dans la demi-heure, on voit bien que c'est dangereux pour rester sain d'esprit. Il faut faire autre chose. C'est dĂ©primant. C'est dĂ©primant.

Alain :  C'est dĂ©primant. Oui, complĂštement. Je vais te raconter un truc. L'Iran, un des pays que j'ai explorĂ© dans mon dernier trip, l'Iran, c'est un pays passionnant que je ne peux que conseiller Ă  tous, et je le dis et je l'assume, d'aller voir ce pays, d'aller voir ses habitants, d'aller voir cette culture perse qui est incroyable, d'avoir la beautĂ© des paysages et des villes iraniennes. Il faut y aller. Et pourtant, ce que je te dis lĂ , c'est en profonde opposition avec tout ce qui pourra ĂȘtre dit par les mĂ©dias et par le gouvernement français. Aujourd'hui, je vais te dire un petit secret. Quand je suis arrivĂ© en Iran, le premier jour oĂč je suis arrivĂ© en Iran, j'ai reçu un message formel de l'ambassade de France Ă  TĂ©hĂ©ran qui m'a Ă©crit un message me demandant de quitter immĂ©diatement par le premier vol possible l'Iran. D'accord ? 

Xavier :Incroyable

Alain : Ça, je ne l'ai racontĂ© Ă  personne. C'est incroyable. Par Instagram, il me contacte, il m'envoie un message, Alain Cailleu, etc. On a vu que vous Ă©tiez en Iran, prenez immĂ©diatement le premier vol pour partir. Pourquoi ? Le positionnement du gouvernement français en ce moment en Iran, effectivement, c'est de dĂ©conseiller Ă  tous les citoyens français de venir en Iran en disant que c'est un pays extrĂȘmement dangereux parce que le gouvernement iranien ferait une politique de prise d'otages des EuropĂ©ens. D'accord ? VoilĂ . C'est ça l'argument. Je suis restĂ© sur place. Au dĂ©but, tu Ă©tais mort de trouille. Tu Ă©tais français. Tu Ă©tais un message de ton gouvernement qui te dit « Monsieur Cailleu, cassez-vous. » VoilĂ . Donc, j'ai fait le mort et je suis restĂ© plus de trois semaines en Iran. Mon retour d'expĂ©rience, c'est que l'Iran, c'est le pays le plus safe. C'est un des pays les plus sĂ»rs dans lequel j'ai Ă©tĂ© au monde. Alors, mon explication. Avec du recul, maintenant, je te donne mon explication. C'est toujours pareil. Je n'ai pas une connaissance globale du monde mais j'apprends beaucoup sur place. Je deviens un expert en gĂ©ographie par mes mois de voyage et je ne deviens pas un expert en politique mais je commence Ă  avoir une vision politique un peu plus dĂ©tachĂ©e de l'actualitĂ©. Donc, en Iran, l'Iran aujourd'hui, touristiquement, il n'y a effectivement plus d'EuropĂ©ens parce que les EuropĂ©ens, les pays europĂ©ens, pour suivre les AmĂ©ricains, ont boycottĂ© l'Iran pour des raisons au dĂ©but de la crise sur la partie nuclĂ©aire iranienne. Les Iraniens continuent Ă  dĂ©velopper la bombe nuclĂ©aire au grand dam des blocs de l'Ouest. Donc, ça ne les rappelait pas et donc, on a commencĂ© Ă  boycotter. Aujourd'hui, il y a toute l'histoire des mouvements rĂ©volutionnaires et puis des droits des femmes sur le port du voile qui ont alimentĂ© une certaine tension entre le bloc ouest et puis ce bloc du mal considĂ©rĂ© dans les faits. L'Iran aujourd'hui est un pays hyper touristique. Il ne faut pas avancer qu'il n'y a pas de touristes en Iran. Il y a des millions et des millions de Chinois et de Russes qui explorent l'Iran dans tous les sens. D'accord ? Dans tous les sens. C'est-Ă -dire que dire que c'est dangereux, ce n'est pas dangereux. Les Chinois et les Russes en toute sĂ©curitĂ© qui explorent l'Iran, il y en a plein. D'accord ? La rĂ©alitĂ© du danger, effectivement, c'est la partie espionnage et politique. J'insiste lĂ -dessus. Si tu ne vas pas en Iran pour faire ni de l'espionnage ni de la politique, franchement, tu n'as aucun danger. VoilĂ . C'Ă©tait mon message aujourd'hui. N'allez pas en Iran pour faire ni la politique ni l'espionnage. Faites-le comme j'ai toujours fait dans tous les pays. Allez-y de maniĂšre neutre. Observez, rencontrez, faites-vous un point de vue et Ă©coutez les gens. Vous allez avoir une vision beaucoup plus rĂ©elle de ce pays qui n'est pas du tout le pays le plus safe du monde. Je choque. C'est incroyable.

Xavier : Tu as dit que tu Ă©tais français pourtant lĂ -bas. Tu n'as pas cachĂ©. 

Alain :Je n'ai jamais cachĂ©. Tu ne pouvais pas. Tu as le passeport. Non, non, c'est le passeport. Ni mes origines culturelles ni mes origines religieuses. Je suis de formation catholique. Je ne suis plus pratiquant aujourd'hui. Mais je le dis aussi en toute transparence. L'Iran est un pays dans lequel il y a une profonde tolĂ©rance et amour de toutes les cultures. En Iran, par exemple, la relation avec la France est une relation historique. 40% du parc automobile iranien, ce sont des Peugeot, des voitures Peugeot. D'accord ? Ils sont fans des marques françaises. Ils sont fans de la culture française. On a une histoire qui est... Effectivement, il y avait le chat d'Iran qui Ă©tait un... un francophone Ă  l'Ă©poque qui Ă©tait avant les Molas, etc. Mais c'est... VoilĂ , le pays est restĂ© profondĂ©ment attachĂ© Ă  la culture europĂ©enne. C'est un pays qui ne demande qu'Ă  s'ouvrir au monde. D'accord ? On n'est pas sur un pays qui s'est refermĂ© sur lui-mĂȘme. Et oui, non, non, j'ai eu... VoilĂ , il n'y a pas de danger majeur. OĂč j'ai Ă©tĂ©, je n'ai jamais menti sur mon... Je n'ai jamais rien menti ni sur mon trajet ni sur... ni sur ma culture. Non, non, aprĂšs, il y a des questions qui se posent. Parce que quand tu vas en itinĂ©raire, parfois mon passeport, il parle quand mĂȘme de beaucoup de choses. Par exemple, en Iran, ce que j'avais fait, c'est que j'Ă©tais parti avant en IsraĂ«l. D'accord ? On ne peut, en thĂ©orie, pas rentrer en Iran. Si tu es passĂ© en IsraĂ«l avant, c'est quand mĂȘme pas toujours trĂšs bien vu. J'ai dĂ» expliquer, j'ai expliquĂ© au service scolaire. J'aurais dit, Ă©coutez, oui, non, non, j'ai bien Ă©tĂ© en IsraĂ«l, j'Ă©tais en Palestine aussi. J'ai traversĂ© ces pays-lĂ , j'explore le monde, je veux voir tous les pays du monde. VoilĂ . Bah Ă©coute, non, heureusement, parce qu'effectivement, en Iran, je pense que si j'avais Ă©tĂ© en IsraĂ«l, je ne serais pas lĂ  Ă  te parler aujourd'hui. D'accord ? RĂ©ellement, rĂ©ellement, rĂ©ellement. Mais non, non, non, je suis quand mĂȘme assez minimaliste. Je n'ai pas de drone, je n'ai pas grand-chose. On voit mon itinĂ©raire qui est plus en itinĂ©raire. Il faut quand mĂȘme ne pas penser que je sois le seul au monde Ă  faire ce genre de choses. On n'est pas beaucoup de Français Ă  faire mon genre de dĂ©placement, mais je croise du monde, je croise des cyclistes. Ils font des parcours incroyables, ils partent de France, ils vont jusqu'au Japon. Je croise des cyclistes europĂ©ens, des cyclistes arabes, des cyclistes russes. On croise du monde qui fait des itinĂ©raires comme ça. On est quelques-uns quand mĂȘme, on est quelques-uns Ă  nous considĂ©rer comme des fous par le monde sĂ©dentaire, mais qui finalement, quand on se croise, on se parle, la communication est trĂšs rapide, on se comprend trĂšs bien entre nous. Xavier : D'accord. Alors moi, il y a quelque chose qui m'intĂ©resse beaucoup dans tout ce que tu dis. Tu dis, je m'engage, je pousse les gens Ă  s'engager. J'aimerais que tu nous dises un peu ce que ça recouvre comme notion pour toi. Et parce que moi, je le raccroche Ă  quelque chose qui nous empĂȘche de nous engager, qui est souvent la peur, ce sentiment de ce qui pourrait arriver. C'est ce qui fait que des fois, on ne fait pas. J'aimerais, je ne sais pas, j'aimerais aller nager lĂ , mais j'ai peur qu'il y ait je ne sais pas quoi. J'ai peur qu'il y ait un raz de marĂ©e, j'ai peur qu'il y ait un requin, j'ai peur qu'il y ait je ne sais pas quoi d'autre. Toi, tu sembles passer outre a priori les dangers et pousser les gens Ă  faire de mĂȘme, Ă  s'engager pour vivre une vie un peu plus libĂ©rĂ©e. Alors, qu'est-ce que ça recouvre pour toi ce mot depuis quand tu l'utilises ? Est-ce que tu peux nous expliquer ça ?

Alain : Oui, ça fait des annĂ©es que je l'utilise. S'engager, tu as tout compris. C'est affronter ses peurs. La plupart de nos peurs sont irrationnelles. J'insiste lĂ -dessus, mais 99% de nos peurs sont irrationnelles. Il faut rationaliser ses peurs. Les peurs qu'on a, on va parler du voyage ou de l'expĂ©dition, sont souvent liĂ©es encore une fois Ă  une perception erronĂ©e qu'on a. Si je te parle BrĂ©sil, tu vas me dire « Ah BrĂ©sil, les favelas, les trafiquants, des armes, de la drogue, machin, etc. » Ok, mais c'est irrationnel. Quel est le pourcentage, quel est le nombre de touristes europĂ©ens morts au BrĂ©sil l'an dernier ? Un ou deux, sur des millions. On est sur quelque chose qui n'est pas, ce n'est pas une peur rationnelle. La peur rationnelle, c'est quantifiĂ©. Tu quantifies, tu dis « Ah, attention, lĂ  il y a effectivement un vrai danger, il y a un taux de mortalitĂ© Ă©levĂ©. » VoilĂ , ça c'est des chiffres qui me touchent. Mais sinon, tout ce qui est mĂ©dias, tout ce qui est micros Ă©vĂ©nements qui te marquent ton esprit, te donne des peurs souvent irrationnelles. Les autres peurs irrationnelles sont des peurs, par exemple, du manque. Tu es ingĂ©nieur et tu te dis « Mais qu'est-ce qui va se passer ? Qu'est-ce qui va se passer ? Si je change de vie, qu'est-ce qui va se passer ? Je vais tout perdre. » Et puis tu te dis « Mais non, mais tout perdre. J'ai appris Ă  valoriser en un la santĂ© et le temps. » Donc tu te dis « Une fois que tu as ça, le reste, ça peut se rĂ©cupĂ©rer. Il n'y a rien de dramatique. Tu vas perdre des milliers de choses, mais ce que tu vas gagner en Ă©change, finalement, c'est beaucoup plus grand que ce que tu vas perdre. » Et ça, c'est valable dans tous mes trajets, dans tous mes voyages, dans toutes mes expĂ©ditions. Cette notion de dĂ©part Ă  chaque fois, et j'insiste lĂ -dessus, mais vous rĂ©ussirez Ă  prendre du plaisir dans vos expĂ©ditions juste en faisant cet effort la premiĂšre journĂ©e ou les deux premiers jours de vous arracher Ă  votre rituel quotidien et Ă  prendre une dĂ©cision un peu Ă©goĂŻste. Dire Ă  votre femme ou emmener votre femme, emmener votre enfant, dire « On essaye, on s'engage, on va faire un bout de chemin de compostelle, on va faire une itinĂ©rance pendant 3-4 jours. » Et puis parfois, les 3-4 jours, ils deviennent 3-4 mois. Ce que je veux dire, c'est qu'il faut s'arracher Ă  sa vie monotone ou classique pour rĂ©ussir Ă  se sentir vivant. Et donc lĂ -dessus, quand je dis « Engagez-vous », c'est que mon expĂ©rience, mon bonheur particulier, dans mon cas Ă  moi, c'est toujours pareil, c'est beaucoup plus intense quand je pars, quand je pars, si possible en famille, mais sinon, ce dĂ©part pour moi est un moment dans lequel je m'engage dans le sens oĂč je vais vers ce qu'on appelle les dangers, mais qui finalement, il y a un centre d'UPU, je suis en pleine forme, je n'ai quasiment jamais rien cassĂ©, j'ai Ă©tĂ© trĂšs rarement malade, j'ai eu trĂšs trĂšs peu de gros problĂšmes Ă  gĂ©rer. Donc finalement, le monde est plutĂŽt bienveillant et ça se passe plutĂŽt bien. Si vous regardez le monde avec bienveillance, il vous le rendra plutĂŽt bien. Donc voilĂ , j'espĂšre donner envie Ă  certains de tes auditeurs et rĂ©ellement faire un premier pas. J'insiste lĂ -dessus, le premier pas, ça peut ĂȘtre Ă  cĂŽtĂ© de chez vous, ça peut ĂȘtre de prendre un petit sac Ă  dos et d'aller randonner. Alors j'insiste sur, chemin de compostelle, ce n'est pas compliquĂ©, ce n'est pas un budget ou des GR en France, des itinĂ©rances, vous pouvez prendre un sac de couchage, peut-ĂȘtre une tente si vous voulez, mais ce n'est mĂȘme pas la peine, essayez de partir pour quelques jours, ça ne coĂ»te pas grand-chose et trouvez des solutions. Tu vois, Marrakech, tu retournes en mode sac Ă  dos, tu te dis, je vais faire une itinĂ©rance avec ta femme, vous partez en voiture depuis chez vous jusqu'Ă  Marrakech, ça c'est une expĂ©dition ça, tu vois  Xavier :  mais c'est sĂ»r, l'aventure, elle peut ĂȘtre au coin de la rue l'aventure, ça c'est sĂ»r. Elle est au coin de la rue, oui. Oui, c'est sĂ»r. D'accord, merci, alors je reviens sur cette notion de manque que tu as Ă©voquĂ©, donc on est sur le podcast de financer sa vie et financer sa vie, il y a deux aspects, il y a l'aspect, je crĂ©e ma vie, j'invente mon chemin de vie et comme tu dis, je sors un peu peut-ĂȘtre des sentiers battus et des routines qui sont vĂ©cues par je ne sais pas, 97, 99% de la population, mais pour ça, souvent j'ai peur de manquer d'argent, je me dis, mais comment je vais faire pour financer tout ça ? Alors Ă©videmment, loin de moi l'idĂ©e de vouloir faire ressortir cette peur, mais tu nous as dit qu'aujourd'hui, tu es arrivĂ© Ă  un tournant, qu'il allait falloir que tu vois les choses un peu diffĂ©remment, est-ce que tu as commencĂ© Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  comment tu allais pouvoir justement monĂ©tiser ce que tu fais aujourd'hui, comment tu allais pouvoir un peu rentabiliser, je ne sais pas, une idĂ©e comme ça me vient, je me dis, on pourrait faire des expĂ©ditions avec Alain, je vous emmĂšne, vous partez avec moi, je prends trois personnes, vous partez avec moi, je ne sais pas combien ça va nous coĂ»ter exactement, mais moi je prends, je ne sais pas, un forfait, je prends 10 euros par jour Ă  chacun ou 100, je n'en sais rien, ce que tu veux, c'est une idĂ©e de monĂ©tisation, il y en a peut-ĂȘtre d'autres, je ne sais pas, tu as avancĂ© tout seul avec d'autres, comment tu travailles ? 

Alain : Il y a deux parties, la partie, je suis sĂ©dentaire, que ce soit sĂ©dentaire, je suis sĂ©dentaire Ă  deux endroits, en France, Ă  Bidart, au Pays Basque et au BrĂ©sil quand je suis arrivĂ©. Et au BrĂ©sil. Quand je suis sĂ©dentaire, je me rentabilise mon activitĂ© avec deux choses principales, la partie sauveteur en mer, donc je suis pompier et sauveteur en mer sur les plages de la CĂŽte Basque et la partie guide, j'emmĂšne des gens en montagne, je me fais payer en partie, Airbnb Experience quand je suis en France et puis au BrĂ©sil, c'est pareil, j'ai des sites Ă©quivalents dans lesquels je propose Ă  des clients de monter des sommets et c'est quelque chose qui me permet de me financer quand je suis stabilisĂ©. Jusqu'Ă  maintenant, toute la partie expĂ©dition, donc plusieurs mois par an, c'Ă©tait auto-financĂ© effectivement et je le faisais, j'aime cette libertĂ© de voir des reprises. Mais ta proposition, ça fait un bout de temps que tu penses. Quand tu veux. Exactement, mon idĂ©e, c'est de proposer des sĂ©jours sportifs, soit trouver des sponsors, des sponsors clairement qui veulent associer leurs images sportives ou leurs images d'ouverture au monde avec mes aventures. Donc ça serait le plus simple pour maintenir mon indĂ©pendance c'est pas que j'aime pas ĂȘtre avec des gens mais ce mode de dĂ©placement que j'ai et cette ouverture au monde quand je suis tout seul est unique. Et l'autre possibilitĂ©, ça fait un bout de temps que j'y pense mais j'ai pas encore fait le pas, c'est l'organisation de stages, stages trail, stages trail aventure parce que je t'avais dit la partie sportive en fin de compte. La partie expĂ©dition impossible, la partie sportive m'attire. Par exemple, je propose Ă  une sĂ©rie de trailers, marcheurs sportifs de venir une semaine Ă  Rio par exemple, d'accord, et d'explorer, enfin je leur ferai dĂ©couvrir toutes les merveilles de cette ville ou du BrĂ©sil en gĂ©nĂ©ral sur plusieurs jours. Donc je pense commencer Ă  organiser ce genre de choses, bĂ©nĂ©ficier de, profiter de mon image plutĂŽt sportif, aventurier pour faire ce que j'aime, toujours pareil, je cherche  une activitĂ© en pleine nature et voilĂ , tout ce qui peut permettre d'emmener des gens Ă  sortir un peu dans un zone de confort et Ă  venir voir le monde avec mes yeux, je pense que ça pourra marcher. Donc lĂ , c'est maintenant que ça va jouer. Tu verras, dans les prochains mois, il y a forcĂ©ment un virage qui va se faire. Il y a forcĂ©ment un virage qui va se faire. Mais j'insiste lĂ -dessus, je fonctionne aux besoins. Le vĂ©ritable besoin, il est clair maintenant, mais tant que, voilĂ , et je pense qu'il ne faut pas anticiper trop les besoins et moi je suis un extrĂ©miste dans le sens oĂč j'anticipe le moins possible. Aujourd'hui, je laisse les choses, je ne fais pas des choses pour faire plaisir Ă  mes parents, Ă  mes proches, etc. Je fais des choses par besoin, je me suis dissociĂ© de beaucoup de valeurs classiques pour ĂȘtre aujourd'hui la personne que je suis. Je ne dis pas que j'ai abondĂ© de rĂ©ponse, parce qu'il y a plein de consĂ©quences, il y a plein de problĂšmes, il y a ça, etc. Mais j'ai aucun regret. Si tu me demandes aujourd'hui est-ce que j'ai le moins de regrets de tous mes choix, je n'ai aucun regret de tous les choix que j'ai pu faire en rupture depuis dix ans. Et pourtant, je me suis mis en danger et je suis un peu en danger aujourd'hui, mais c'est un danger hyper relatif.

Xavier : Quel danger ?

Alain : Non, je suis en danger classique, danger social, danger Ă©conomique, danger d'ĂȘtre rĂ©ellement en dehors des clous. Mais c'est pas... Bon, je suis... Je suis plutĂŽt quelqu'un de raisonnĂ© et posĂ© et j'ai toujours l'impression que je peux revenir. Je peux revenir. Je suis toujours pas en online, mais je ne suis dans la situation que je suis que par mes dĂ©cisions. Je suis le seul responsable de ce qui m'y arrive. C'est ce que je veux dire. Si vraiment ça va pas, je veux dire, le mec, il peut toujours se retourner et se mettre Ă  trouver un travail lambda, normal, mĂȘme manuel. Je suis ingĂ©nieur d'une grande Ă©cole, mais j'ai plus du tout d'ambition classique. J'ai aucun Ă©tat d'Ăąme. J'ai aucun problĂšme. Le fait d'avoir enterrĂ© toute forme d'ambition classique fait que finalement, je ne m'inquiĂšte pas. Dans le pire des cas, trouver un travail alimentaire, je le trouverai. Mais si je peux faire, continuer Ă  faire ce que je rĂȘve, c'est-Ă -dire, c'est d'explorer tout ce monde. Il y a 194 pays ONU au monde. J'ai commencĂ© Ă  compter que cette annĂ©e. Je ne comptais pas avant. Je partais Ă  l'expĂ©dition. Mais c'est un indicateur. C'est un indicateur. J'en suis Ă  118. J'ai 45 ans. Alors, Xavier, j'ai 45 ans.

Xavier : Moi aussi. 

Alain : La plus belle partie de ma vie, elle est passĂ©e toi aussi. C'est un Ăąge merveilleux. Mais on est vieux. Enfin, on est vieux. La partie de la bonne santĂ© qu'on a, elle s'Ă©coule assez vite. D'accord ? Les chances qu'on soit en bonne santĂ© Ă  60 ans sont plus basses. Les chances qu'on ait ce dynamisme, etc., c'est maintenant que je l'ai. Et voilĂ , mon cƓur, il est aujourd'hui clairement Ă  poursuivre. Il me reste 80 pays Ă  explorer. C'est un objectif qui est un indicateur intĂ©ressant parce que la notion de pays, ce n'est pas forcĂ©ment important en soi. Si tu me demandes ce que j'ai fait, j'ai fait plein de choses qui ne comptent pas dans les pays. J'ai fait les Canaries, toutes les Ăźles du monde, le Cap Vert. Ce ne sont pas des pays, par contre. Les Canaries, ça fait partie de l'Espagne. le BrĂ©sil, j'ai fait tous les Ă©tats du BrĂ©sil pendant des mois et des mois. Ça ne compte pas, mais ce n'est pas grave. L'indicateur pays, il peut peut-ĂȘtre toucher des gens dans le sens oĂč, voilĂ , des Français qui ont dĂ©couvert rĂ©ellement, qui ont explorĂ© l'intĂ©gralitĂ© du monde, on n'est pas trĂšs nombreux. 118, dĂ©jĂ , je suis pas mal. Mais voilĂ , mon cƓur, il a encore plein d'envies de dĂ©couverte et je vais tout faire pour y arriver. Je vais tout faire pour y arriver. Ma prioritĂ©, mon ambition n'est pas de terminer riche avec une grosse maison, mais de continuer Ă  avoir cette expĂ©rience. VoilĂ . Alors, ce n'est pas facile parce que tu vis en sociĂ©tĂ©, parce que tu as une femme qui n'a pas forcĂ©ment les mĂȘmes rĂȘves que toi. Ah oui, oui, oui. Et oui, et oui, donc il faut trouver des compromis, mais c'est


Xavier : Parce que tu es dans le systĂšme et parfois Ă  cĂŽtĂ© du systĂšme. Le systĂšme, ça ne veut rien dire, mais bon


Alain : Non, dans le systĂšme, mais forcĂ©ment, quand tu es pĂšre de famille, si tu me demandes... Pour ĂȘtre extrĂ©miste, si tu me demandes Ă  un niveau perso, si j'avais une marge complĂšte sur mes enfants, je partirais avec trois enfants, je serais nomade avec trois enfants, on trouverait des solutions jusqu'au 18 ans quasiment. J'estime qu'on pourrait quasiment avoir une vie de nomade avec trois enfants et ce serait aussi riche que... Il faudrait que tu vois le film. Il y a un film qui s'appelle Capitaine, j'oublie son nom, un pĂšre de famille qui fait une Ă©ducation un peu alternative. VoilĂ . Mais mes enfants, Ă©videmment, ils ont des mamans et je ne peux pas prendre les enfants avec moi. Mais mon rĂȘve profond et ma sensation, c'est qu'il y a plein de solutions alternatives, mĂȘme en mode nomade et j'en ai croisĂ© des familles qui peuvent faire ça. C'est possible quand les deux parents sont alignĂ©s sur le projet de vie, ce qui n'est vraiment pas Ă©vident. Non, c'est clair. Donc, effectivement, je suis, tu as raison, je suis entre les deux. Avoir vous atterrir au final, pour l'instant, ça fait quand mĂȘme 10 ans que je rĂ©ussis Ă  ĂȘtre assez libre. Chapeau, chapeau.

Xavier :  Alors, qu'est-ce que... tu te vois faire dans 10 ans ? Si tu essaies de t'imaginer dans 10 ans, donc 55 ans, qu'est-ce que tu vois autour de toi ? Tu es oĂč ? Il se passe quoi ?

Alain :  Dans 55 ans, je suis oĂč ? Je suis en voyage avec ma famille. Je suis en voyage. J'ai rĂ©ussi Ă  emmener mes enfants sur un parcours en vĂ©lo. Je traverse les Etats-Unis entre le Canada et Los Angeles en vĂ©lo, en campagne, n'importe oĂč, les parcs naturels. Je rĂ©ussis Ă  transmettre Ă  mes enfants qui auront grandi, ma passion du voyage. VoilĂ  oĂč j'en serai dans 10 ans. Tu vas me faire pleurer, mais c'est tout bĂȘte. Mon envie, ma prioritĂ©, ce serait de pouvoir transmettre Ă  mes enfants un peu de ce que je suis. Ce que je suis, c'est quelqu'un qui a une vision du monde alternative, qui n'est pas toujours valorisĂ©e dans les noyaux familiaux, mais qui est importante. Dans 10 ans, je serai la personne qui essaiera de transmettre Ă  mes enfants par tous les moyens possibles, cette envie de dĂ©couvrir le monde, de dĂ©couvrir les montagnes, de traverser. Je reparle du chemin de Compostelle, mais je rĂȘve d'emmener mes enfants avec moi sur des parties de nomadisme. Je ne m'imagine pas au coin d'un feu avec un chien Non, dans 10 ans, je serai pareil. Je serai sĂ»rement en mouvement et avec mes enfants, ma femme, si possible, qui m'accompagnera dans des expĂ©ditions. VoilĂ  oĂč je serai dans 10 ans. Pas encore de retraite. La retraite, elle est encore loin.

Xavier :  J'entends bien. Merci pour cette sincĂ©ritĂ©. 45 ans, on est trĂšs jeunes, mais plus tant que ça, comme tu disais. On est Ă  peu prĂšs au milieu de notre vie. Quand tu auras 90 ans, tu aimerais qu'on dise quoi sur toi ? Qu'on dise Alain, c'Ă©tait un peu ça a Ă©tĂ© toujours, ça a Ă©tĂ© une vie. Qu'est-ce que tu aimerais ? On parle de transmission, justement. Qu'est-ce que tu aimerais qu'il reste ?

Alain :  C'est quasiment une demande de qu'est-ce que je veux laisser aprĂšs ma mort. Oui, oui. C'est assez intĂ©ressant. Alors, je voyais qu'on parle de moi comme quelqu'un qui est un homme libre, qui a transmis une vision positive du monde et qui a emmenĂ© les gens Ă  regarder le monde avec bienveillance et Ă  s'ouvrir au monde avec tolĂ©rance et Ă  s'ouvrir sans prĂ©jugĂ©s, avec beaucoup d'amour et qui a amenĂ© certaines personnes Ă  s'engager rĂ©ellement ou Ă  partager tout simplement ses aventures avec moi. J'ai l'impression d'avoir rĂ©ussi Ă  dĂ©clencher quelqu'un une certaine vocation, Ă  dĂ©clencher, faire ce premier pas et aujourd'hui, voilĂ , je voudrais qu'on revienne de moi, que j'Ă©tais un homme libre, engagĂ©, profondĂ©ment aimant de sa famille et cherchant sa voie dans un monde qui n'est pas simple, qui est assez cadrĂ©, dans lequel il n'y a plus beaucoup de libertĂ© mais dans laquelle j'ai rĂ©ussi Ă  ouvrir une voie un peu alternative qui laissera des traces, je pense. Peut-ĂȘtre qu'il y aura des livres, peut-ĂȘtre que j'aurais Ă©crit un livre Ă  l'Ă©poque parce que quand je ne pourrais plus marcher, j'Ă©crirais un livre. Allez, je laisserai quelque chose pour expliquer un peu mon parcours. Pour l'instant, je priorise le vivre, l'expĂ©rience avant la transmission. Je fais la transmission en fait, minimaliste en parallĂšle.

Xavier : Oui, tu documentes dĂ©jĂ  quand mĂȘme via les rĂ©seaux sociaux. C'est des sensations, des ressentis, des photos. En temps rĂ©el, mais sans beaucoup travailler la chose. Mais oui, c'est prĂ©sent. Écoute, c'est intĂ©ressant.

Alain :  Et toi, Xavier, qu'est-ce que tu voudrais qu'on transmette de toi quand tu auras 90 ans ? Maintenant, je vais le donner Ă  toi parce que c'est une vraie question. 

Xavier : Merci Alain. 

Alain :De rien. C'est ton podcast.

Xavier :  Qu'est-ce que j'aimerais qu'on dise de moi ? Moi, j'aimerais qu'on dise de moi que je n'avais pas peut-ĂȘtre mes deux pieds dans le mĂȘme sabot. Tu vois, moi, je suis quand mĂȘme beaucoup plus rangĂ© que toi. J'ai plus de difficultĂ©s Ă  sortir des conventions. D'ailleurs, c'est marrant. Donc, je fais mon auto-analyse grĂące Ă  toi Alain. Mais c'est que il y a certaines personnes qui trouvent que je suis trĂšs conformiste et d'autres complĂštement anticonformiste. Pour certains moments, ça m'arrange bien de suivre les conventions et pour d'autres, vraiment, quand elles ne me vont pas, j'arrive Ă  m'en dĂ©faire. Moi, je travaille dans un service public qui est trĂšs rĂ©glementĂ©, qui est trĂšs cadrĂ© et donc, je m'accommode parfaitement de ça. Mais j'ai besoin de faire autre chose Ă  cĂŽtĂ© et c'est pour ça que j'ai cette activitĂ© parallĂšle avec Financer sa vie oĂč moi, d'abord, j'ai fait le travail d'essayer de savoir ce que je voulais et donc, les choses Ă©voluent pour moi aussi. VoilĂ , on part en voyage, on fait des choses et puis, Ă  la fois, c'est l'envie d'accompagner les autres aussi, d'avoir une action vers les autres, d'inspirer, d'accompagner et donc, j'espĂšre qu'on retiendra de moi que j'Ă©tais quelqu'un qui avait envie d'accompagner les autres, de les aider Ă  atteindre tout leur potentiel parce que moi, souvent, c'est ce que je vois, c'est que les gens, ils ont peur de faire des choses, un peu ce que tu dis, ils ont peur d'essayer, ils n'ont pas confiance en eux, un systĂšme qui, parfois, notamment scolaire, ne les a pas aidĂ©s Ă  prendre confiance en eux et donc, moi, si je peux leur dire que certaines choses sont possibles, ça ne va pas ĂȘtre les mĂȘmes que toi, moi, ça va ĂȘtre notamment au niveau du sport, il y en a qui disent, par exemple, au tennis, je suis nul, je joue un peu au tennis, je dis, maintenant, tu n'es pas nul, mais tu vas voir que si tu prends le temps de faire les choses et si ça te plaĂźt, si c'est fait avec passion, tu deviendras bon et puis, ĂȘtre bon pour toi, ce n'est pas la mĂȘme chose qu'ĂȘtre bon pour un autre et que, voilĂ , on est lĂ  chacun pour essayer de faire de notre mieux et puis, de prendre du bon temps. 

Alain : Tu as la transmission, tu vois, on devient des vieux sages Ă  45 ans, tu vois, on ne dit pas qu'on veut qu'on retienne de nous qu'on a rĂ©ussi une carriĂšre ou qu'on a rĂ©ussi Ă  acheter un gros truc ou qu'on a, on veut la transmission, on cherche, je pense qu'on devient des vieux sages, tu vois, Ă  45 ans, la transmission, transmettre, transmettre, laisser une trace aux gĂ©nĂ©rations futures ou Ă  des gens qu'on a touchĂ© l'Ăąme. Exactement, il y a beaucoup de ça, il y a beaucoup de ça. 

Xavier : Bon, merci Alain, ça fait plaisir, d'ailleurs. Merci d'avoir retourné l'interview à la fin. C'est atypique, c'était sympa, mais ouais, bien sûr.

Alain :  Ça fait rĂ©flĂ©chir, maintenant que tu m'as touchĂ©, tes questions m'ont touchĂ©. ForcĂ©ment, quand on parle de transmission et de ce que tu veux transmettre, ça te ramĂšne Ă  qui tu es, Ă  ton rĂŽle, la sociĂ©tĂ© est peu importante, mais tu te ramĂšnes dans ton rĂŽle de pĂšre, de mari, d'ami, de coach et forcĂ©ment, quand tu me parles de ce que je veux transmettre, je pense tout de suite Ă  mes trois enfants, j'ai Axel, Lou Maya qui sont en Espagne, j'ai ThĂ©o qui est ici avec moi en France et au BrĂ©sil. Mes enfants, clairement, c'est plus que ton sang, c'est un prolongement de toi sur lequel tu veux laisser une trace, mais aprĂšs, c'est plutĂŽt plus ouvert que ça, c'est vraiment laisser une trace humaine et plutĂŽt dans l'Ăąme d'une personne, j'espĂšre. Exactement.

Xavier : Merci beaucoup Alain pour toute ta sincĂ©ritĂ©, c'Ă©tait un trĂšs bon moment, j'espĂšre que les auditrices et les auditeurs vont aussi apprĂ©cier et qu'ils partageront ça avec toutes les personnes et qu'ils... voilĂ , qui auraient envie de s'engager et tu es dĂ©jĂ  une source d'inspiration pour beaucoup et je pense que ça va encore continuer et tant mieux pour toi et pour les autres. 

Alain: Engagez-vous, le monde est beau, allez-y, foncez ! C'est entendu.

Xavier : Merci Alain, au plaisir. A bientĂŽt en vrai, j'espĂšre. TrĂšs vite Ă  la Rhune.

Alain : En haut, ça va ĂȘtre un plaisir, c'est bien, tu es le bienvenu. Ciao, merci.

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